En janvier 1917, les syndicats de cheminots fusionnent afin de créer la Fédération nationale des Travailleurs des Chemins de Fer, qui va dans la foulée voter son affiliation à la CGT.

La Vie du Rail a publié un article de 4 pages sur cet évènement important dans l'histoire syndicale des cheminots dans son numéro du 21 avril 2017. 34 organisations étaient rassemblées dans ce Congrès Fondateur. A regarder la liste de ces 34 organisations, il apparaît que certaines avaient un caractère syndical, d'autres un caractère mutualiste, et d'autres encore un caractère d'entraide, culturel, etc....

Mais avant cet article, quelques précisions sur 2 personnalités qui ont marqué ce Congrès, Marcel BIDEGARAY et Léon JOUHAUX, qui ont eu un itinéraire qui les a amené à s'éloigner de plus en plus de la CGT, le 1er encore plus que le second.

 

Marcel BIDEGARAY (1875 – 1944)

Mécanicien à la Compagnie de l’Ouest après avoir été révoqué de la Compagnie du Midi, s’est engagé très vite dans l’action syndicale. En 1909, il devient Secrétaire Général du Syndicat National des Chemins de Fer et s’efforça de tempérer les ardeurs des éléments les plus révolutionnaires. Révoqué en 1910, et emprisonné pendant 6 semaines.

Il contribua puissamment à la création de la Fédération Nationale des travailleurs des Chemins de Fer, fondée le 28 janvier 1917, et en devint le Secrétaire Général. Le 23 novembre 1918, il devient membre du Comité Confédéral de la CGT.

Lors de la scission en 1921, resta sur la ligne réformiste alors que Gaston MONMOUSSEAU et Pierre SEMARD rejoignaient la CGTU (CGT-Unifiée).

Plus tard, une fois à la retraite, en 1940, on retrouve Marcel BIDEGARAY Secrétaire Général du RNP (Rassemblement National Populaire), parti collaborationniste créé par Marcel DEAT (ancien de la SFIO, comme Marcel BIDEGARAY). Il sera enlevé et exécuté le 20 décembre 1944.

Léon JOUHAUX (1879 – 1954)

Venu de la Manufacture des Tabacs et Allumettes, se syndique dès la fin du 19ème siècle et sera révoqué de la Manufacture en 1901. Vivant de petits boulots, il continue son action syndicale en fondant le Syndicat des ouvriers non qualifiés de la Seine.

En 1909, il devient le Secrétaire Général de la CGT. C’est à ce titre qu’il intervient au Congrès fondateur de la Fédération nationale des Travailleurs des Chemin de Fer, afin de soutenir la démarche d’unification, cette Fédération s’affiliant à la CGT.

Lors de la scission en 1921, il restera Secrétaire Général de la CGT (confédérée) alors que se créée la CGT-Unifiée (CGT-U)

En 1936, dans la foulée des manifestations contre les ligues factieuses, CGT et CGT-U fusionnent. Le Bureau Confédéral comprend alors 6 Confédérés et 2 Unitaires (dont Benoît FRACHON)

En 1940, contrairement à un certain nombre de confédérés, il ne rejoint pas le régime de VICHY et sera même interné.

Pendant l’Occupation, les Accords du PERREUX signés en avril 1943 signifie la réunification de la CGT. A la Libération, Léon JOUHAUX devient Co-Secrétaire Général avec Benoît FRACHON. Mais en 1947, nouvelle scission dans le contexte de la guerre froide. Les Etats-Unis tentent de contrer la montée de l’influence communiste en France. Cette fois-ci, les révolutionnaires sont majoritaires, et Léon JOUHAUX va créer avec l’aide, y compris financière, de la CIA et de la Centrale syndicale US l’AFL (American Federation of Labor) la CGT-Force Ouvrière.

L'article de La Vie du Rail