A sa demande, le député GAUVAIN a rencontré les cheminots CGT et Sud-Rail. Il suivait en cela les instructions de son parti qui semble d’ailleurs rechercher l’incident avec les cheminots grévistes.

Il a commencé par affirmer la détermination du gouvernement à mener cette réforme jusqu’au bout. Pour lui, les points non négociables sont l’ouverture à la concurrence, la suppression du statut et le nouveau statut de la SNCF. Il n’en fallait pas plus pour ouvrir un débat très animé.

Après lui avoir rappelé qu’il était là parce qu’il en avait reçu la consigne, les cheminots ont attaqué sur la dette du ferroviaire.  Celle-ci n’est pas le fait des cheminots, mais de choix politiques. Ce sont les gouvernements qui se sont succédés qui ont imposé à la SNCF des investissements (les lignes TGV) qui relèvent de l’aménagement du territoire tout en lui laissant la charge financière. Et que dire de la décision d’imposer la commande de nouvelles rames TGV dont la SNCF n’a pas besoin, mais en laissant la facture à la SNCF. Et la Ministre BORNE est mal placée pour donner des leçons, puisqu’elle a été une dirigeante de haut niveau de la SNCF pendant 5 ans.

Le député GAUVAIN s’est défendu d’être le porte-parole du gouvernement et a prétendu « n’être là qu’à titre personnel, pour comprendre et chercher une porte de sortie ».  Les cheminots lui ont répondu.

L’ouverture à la concurrence, sur le Fret, s’est traduite par moins de fret sur les trains, et plus de camions sur les autoroutes. Il suffit d’emprunter l’A6 pour s’en rendre compte. Et que dire de la sécurité ! A la SNCF, il y a des règles, sur les travaux, sur les conditions de circulation, sur les habilitations du personnel aux tâches touchant à la sécurité. Rien de tout cela pour les privés.

L’échange a duré une heure trente. Espérons qu’au moins le député est appris. Mais pas sûr.